Mary Webb, Sarn


L’un de mes ouvrages fétiches … depuis mon adolescence …

Je ne ferai rien d’autres que vous laisser savourer quelques extraits :

« Quand je regarde par la fenêtre et que je vois la plaine et le grand ciel avec ses nuages au-dessus des montagnes, je me rappelle les bois épais de Sarn, le murmure de l’étang lorsque la gelée le prenait, et la façon qu’avait l’eau d’envahir le placard, sous l’escalier, au moment de la fonte des neiges. On ne voyait guère de ciel là-bas, sauf ce qui s’en reflétait dans l’étang ; mais le ciel qu’on aperçoit dans l’eau n’est pas le vrai ciel. Il apparaît comme dans un miroir obscur, où les longues ombres des roseaux lancent leurs pointes contre les mouvantes étoiles. Le soleil et la lune même peuvent être absents du paysage, car parfois la lune se perd dans les feuilles des nénuphars et un héron se dresse contre le soleil. »

Ou encore :

« Souvent je me figurais que la contrée était trop vieille pour être réelle ; les bois, la ferme et l’église à l’autre bout de l’étang avaient un air si ancien qu’ils semblaient sortir d’un rêve. Une angoisse indéfinissable émanait de ce lieu. Les gens avaient peur d’y venir à la tombée du jour. Le bruit léger d’un poisson sautant dans l’eau, la barque de Gédéon heurtant les marches à petits coups comme quelqu’un qui frapperait à une porte, la chaussée qui, de la barrière de notre jardin, s’enfonçait droit dans l’étang et se perdait dans ses profondeurs, tout rendait plus sensible la solitude de ce lieu. Souvent, les dimanches soirs, un léger son de cloches passait sur l’eau. Nous croyions que c’étaient celles du village englouti, mais il me semble aujourd’hui que ce ne pouvait être que l’écho des cloches de notre église ; car on dit qu’en certains endroits un son se heurte à une rangée d’arbres et rebondit comme une balle. »

Je terminerai avec ce dernier extrait :

« Pauvre mère ! Oh ! ma pauvre mère ! Nous rencontrerons-nous dans un autre monde, chère âme, et pourrons-nous racheter notre négligence ? »

– kleinebiene

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